Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.
Un dépouillement radical de l’image et du langage… une série de collages de Corinne Deniel.

Mon travail s’inscrit dans une pratique du collage à la fois visuelle et textuelle, construite à partir d’images et de mots prélevés dans des magazines principalement féminins ou des romans photos. Il se caractérise par un dépouillement radical de l’image et du langage, laissant émerger le non-dit, l’intime et les souvenirs.

L’image se construit à partir du manque : le cadrage, la coupe et le vide jouent un rôle essentiel. Les corps y sont incomplets, les scènes suspendues, et le sens n’est jamais donné mais évoqué. Comme dans le cinéma de Marguerite Duras, le hors-champ est central : ce qui n’est pas montré, ce qui échappe au cadre devient l’espace où le regard et l’imaginaire peuvent circuler. L’image cesse d’être un objet fini, elle ne raconte pas une histoire, elle en suggère la possibilité.

La phrase, elle, se construit hors de la scène, hors de l’image : réduite à l’essentie, directe, presque brute. Les mots découpés, comme des surgissements, viennent toucher une zone intime. Leur assemblage ne répond pas à une logique grammaticale classique, mais à une nécessité sensible, durassienne.

Ainsi, images et phrases coexistent dans le même espace : elles dialoguent par suggestions et ellipses. Le geste de découper puis de recomposer fait surgir un rythme. Ce sont deux formes de fragments qui dialoguent sans se superposer et construisent un espace ouvert, laissant le spectateur à son interprétation.

My work is rooted in a collage practice that is both visual and textual, constructed from images and words taken from primarily women’s magazines or photo novels. It is characterized by a radical stripping down of the image and language, allowing the unsaid, the intimate, and memories to emerge.

The image is constructed from absence: framing, cropping, and empty space play an essential role. Bodies are incomplete, scenes are suspended, and meaning is never stated but only suggested. As in the films of Marguerite Duras, what lies outside the frame is central: what is not shown, what escapes the frame, becomes the space where the gaze and the imagination can roam. The image ceases to be a finished object; it does not tell a story, but suggests its possibility.

The sentence, meanwhile, is constructed outside the scene, outside the image: reduced to the essential, direct, almost raw. The cut-out words, like sudden flashes, touch upon an intimate zone. Their arrangement does not follow classical grammatical logic, but rather a sensitive, Durasian necessity.

Thus, images and sentences coexist in the same space: they engage in dialogue through suggestions and ellipses. The act of cutting and then reassembling creates a rhythm. These are two forms of fragments that converse without overlapping, constructing an open space and leaving the viewer to their own interpretation.

Corinne Deniel. Tous droits réservés.        Instagram — Credits/Mentions